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mercredi 20 octobre 2010

Réforme des retraites.

Alors que la bataille contre la réforme du système de retraite fait rage depuis début septembre, je vous propose un petit point d'arrêt afin de tenter de voir ce qui se joue et comment sortir de ce conflit.
Ici à Clermont Ferrand le mouvement s'est durci depuis une semaine , surtout depuis mardi avec un blocage total de la fac, aux rythmes des AG quotidiennes on rabâche sans cesse la même chose pour qu'au final  ne résulte qu'une action concrète le blocage de la fac..
Alors oui, il est vrai que cette gronde contre la réforme tant décriée, est nationale et concerne à peu prés tout  le monde d'où les actions des salariés, étudiants et lycéens mais de quoi parle ton au juste?
Avec cette reforme, le gouvernement entend étendre l'âge légal de départ à la retraite et de fait le nombre d'annuités. Contre cela 70% de la population clame haut et fort son mécontentement, on parle de suppression progressive des acquis sociaux, de gouvernement soumis au marché, d'un président castrateur du lien social, etc.
Pour répondre à un gouvernement opaque à toutes revendications, à une opposition de Gauche (surtout PS) incapable de proposer quoi que ce soit à part d'aboyer comme d'habitude serait on tenter de dire, les français descende en masse dans la rue, manifester,bloquer,etc.
Seulement voilà là où il devrait y avoir débat politique, le peuple en est réduit à des actions purement économiques via les blocages (raffinerie, commerces,etc). Le peuple pense que par les grèves, par les blocages il pourra faire tordre le gouvernement comme lors du CPE (bataille déifiée par les meneurs des actions), le peuple dit ne pas vouloir payer la crise à la place des véritables responsables, tout cela est légitime mais naif.
D'une part, on entend ci et là, une volonté de séparer la sphère politique de celle économique, ce qui est impossible de nos jours, avec une économie globalisé, une économie de marché et un tel système libéral capitaliste. Aujourd'hui les maitres du monde ne sont plus les États tout puissants mais bien le marché en l'état. Après la crise nous avons vu apparaitre des mesures très dures, des plans de relances, des" plans d'austérité", de l'autre coté les états renflouaient les caisses des banques pour faire repartir l'économie[capitaliste], puis nous avons pris connaissance des agences de notations, celle ci sont les maitres des états car elles jugent de leur compétitivité économique, dans une économie globalisée une bonne note assure la pérennité des états dans les rapports mondiaux, les plans d'austérité ne sont que les mesures engagées pour conserver des notes correctes, voyez le cas de la Grèce catastrophique, plan d'austérité mortuaire mais dicté par l'UE et le FMI. Je reprends mon propos, il s'agit là d'une bataille politique qui comprend un domaine économique, mais alors pourquoi l'action des grévistes se situent elles sur le plan économique, volonté de paralyser le pays ridicule au vue de la répression amorcée par l'Etat. Il faut d'autres moyens d'actions. Demande d'un referendum.. action possible.
De plus, se battre contre cette réforme c'est se battre contre plus de 20 ans de politique libérale qui a fait grandir l'influence des marchés considérablement, cette réforme n'est qu'un élément de ce processus. Le gouvernement ne cherche pas à proprement parler à supprimer les acquis sociaux, il s'agit là d'un abus de langage, le fait est que l'État n'a pas le choix, comme je l'ai dit plus tôt les états ne sont plus maitres de leur politique, c'est l'économie qui régit tout. Avec la crise que l'on connait actuellement, s'ouvre une possibilité vers une nouvelle forme d'économie, moins libéral, où est donc passé l'idée de Welfare State véritable? Si l'État cède aux revendications, il se met alors en contradiction avec sa propre politique, c'est absolument inconcevable en réalité.
Enfin dernier mot concernant le blocage des facs, en AG on a pu entendre des gens dirent que par le blocage, cela permettait de mobiliser les étudiants. Les votes majoritairement pour les blocages passaient au delà de la question de la conviction personnelle des étudiants. En effet un vote à la majorité pour le blocage n'indique pas qu'en chacun des étudiants il y ait volonté de bloquer, on en voit la preuve lors des blocages même où par miracle les bloqueurs sont moins nombreux que les votants pour le blocage. Effet de groupe.. Si des étudiants ont la conviction claire et sure de vouloir faire la grève pourquoi bloquer la fac alors? Laissons ceux qui veulent aller étudier pénétrer dans la fac, c'est leur droit le plus fondamental. D'ailleurs nous voyons bien la peur des meneurs lorsque après les votes de blocage,s appellent les votants à participer activement au blocage le lendemain. Si chacun des votants avaient pleinement foi en son vote pourquoi leur demander expressément de venir participer?
Le mouvement est mené à se poursuivre jusqu'à vendredi car après c'est les vacances qui arrivent d'où le risque d'essoufflement du mouvement.
Le moteur du combat contre la réforme: la conviction politique de chacun en le mouvement. J'ai bien dis politique, il faut mener un véritable dialogue avec les politiques et demander un referendum qui puissent rendre illégitime dans les faits ce gouvernement.